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Des grêlons en juin: un phénomène exceptionnel ?

pict_426702.gifDes orages, suivis de pluies diluviennes, se sont abattus ce mardi sur de nombreuses régions de Belgique. Dans l'entité de La Louvière et à Bruxelles, ce sont carrément des couches de grêlons qui ont recouvert les voiries. Un phénomène qui peut laisser pantois en plein milieu du mois de juin...

LaLibre.be a interrogé Luc Debontridder, climatologue à l'Institut Royal Météorologique (IRM), pour décrypter la situation.

Quelle est l'origine de ces grêlons et comment se forment-ils ?

La condition première à l'apparition de grêlons est la présence de quantité d'eau liquide en surfusion (*) rencontrée au sein des puissants mouvements verticaux ascendants que l'on retrouve dans un nuage d'orage. Des gouttelettes d'eau vont s'accumuler autour de noyaux de condensation puis, dans les courants ascendants, ces gouttelettes vont dépasser l'isotherme (**) de 0°C et se diriger vers le sommet du nuage où la température est de l'ordre de - 20°C. Ensuite, dans les courants descendants, les gouttelettes passent dans la zone où la grêle va se former. Le nombre de fois qu'un noyau effectue ce voyage dans les courants ascendants et descendants va déterminer la taille des grêlons.

Quelle est la taille moyenne de ces grêlons ?

En Belgique on observe, en moyenne, 62% des grêlons avec un diamètre de 0 à 1 cm, 18 % de 1 à 2 cm, 12% de 2 à 3 cm, 4% de 3 à 4 cm, 3% de 4 à 5 cm, et 1 % qui est au-delà de 5 cm. Les grêlons avec un diamètre de 5 cm ou plus ne sont donc pas exceptionnels dans notre pays.

Quelles sont les zones géographiques qui ont été les plus touchées ?

Les provinces du Hainaut, de Liège et des Brabants wallon et flamand sont les régions les plus frappées en Belgique. En général, les zones touchées sont assez locales.

Le phénomène auquel on a assisté est-il exceptionnel en cette période de l'année ?

C'est à la fin du printemps et au début de l'été qu'on observe le plus de grêlons en Belgique. Le phénomène revient chaque année et est inhérent au climat belge. Il ne présente donc rien d’exceptionnel. Dans presque 30% des orages, de la grêle est observée.

(*) État d’une matière qui demeure en phase liquide alors que sa température devrait permettre le passage à l'état solide.

(**) Ligne fictive le long de laquelle la température est constante.

Entretien: Jonas Legge

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