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Comment protéger ses oreilles quand on est féru de festivals musicaux ?

pict_432783.gifWerchter, les Ardentes, Dour et bien d'autres. Pendant l'été, les festivals se succèdent et font danser jeunes et moins jeunes. Entraînés par la musique, les festivaliers échappent à la vie de tous les jours. Mais ils s'amusent souvent au détriment de leurs cellules auditives et un fléau les guette : les acouphènes.

L'oreille interne est la partie la plus sensible de notre système auditif. Dès 90 décibels, on le met en danger. Or, l'intensité sonore dans les festivals dépasse souvent ce niveau. "Il y a un risque de fatigue auditive", affirme le docteur Thill du service ORL au CHU Saint-Pierre. "Après deux heures passées dans un endroit très bruyant, on ressent souvent des sifflements. Cela met plus ou moins de temps à partir. Mais, avec le temps, cela peut faire des dégâts irréversibles."

La spécialiste use de la comparaison entre son et cigarette. "Cela peut changer d'une personne à l'autre. Certains fument pendant 50 ans sans avoir de souci et d'autres, au bout de 10 ans, ont un cancer."

S'ils apparaissent, les acouphènes restent à vie parce que l'on a détruit des cellules auditives qui ne savent pas se régénérer. Faut-il blâmer les festivaliers ? Souvent, ils se sentent protégés par les bouchons en caoutchouc qu'ils pensent protecteurs pour leurs oreilles. Mais Marie-Paule Thill met en garde : "les bouchons sont une fausse protection. C'est absurde d'ouvrir le son d'un coté et de mettre les bouchons de l'autre. Le bouchon prend 30 dB mais on est dans une échelle logarithmique. On ne passe donc pas de 130 à 100 dB mais à 115-120 dB. C'est toujours trop." Elle préconise donc de baisser le niveau sonore dans les festivals. "Dans pratiquement tous les pays, il y a une législation. En Suisse, elle est très stricte. Quand une boite de nuit dépasse certains décibels, elle est fermée et c'est irrévocable. Mais, en Belgique, tout est permis. Il faut mettre en route une législation et la respecter."

En attendant, les distributions de bouchons continueront dans les festivals. L'association "Belgique acouphènes" est contactée par des organisateurs de concerts et parfois de festivals pour venir faire de la prévention et distribuer les petits morceaux de caoutchouc. Mais, "dans les festivals, nous sommes souvent considérés comme des gendarmes. Nous ne sommes donc pas les bienvenus alors que les organisateurs désirent un geste citoyen", explique Yolande Delobbe, la présidente de "Belgique acouphènes". Elle constate que "la musique est une drogue pour les jeunes et, comme les sourds, ils l'écoutent par les vibrations. En mettant des bouchons, ils n'arrivent plus à ce stade de bien-être. C'est pour cela que les associations sont vues de travers."

Si l'on veut passer un bon moment malgré tout, Yolande Delobbe préconise de fuir les endroits les plus bruyants et de permettre à ses oreilles de se reposer. Un conseil bien évidemment applicable dans bien d'autres situations. Une solution différente, plus radicale, proposée par Marie-Paule Thill, est celle de boycotter les festivals trop bruyants. Si les organisateurs ne réagissent pas, la balle peut aussi être dans le camp des festivaliers, estime-t-elle...

L.Be et B.dO

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