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Comment sont baptisées les opérations militaires?

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Concrètement, la stratégie du choix des noms diffère de nation en nation. Chacun a sa petite méthode pour trouver l'appelle idéale pour une opération. Et il ne faut jamais trop traîner : donner un qualificatif à une mission, c'est la première étape avant même de pouvoir la démarrer.

En Angleterre, lors de l'intervention en Libye, c'est un ordinateur qui a décidé du nom "Ellamy". Chez nos voisins français, l'objectif est avant tout de rester neutre : il faut veiller à ne pas heurter la sensibilité du pays opposant... un exercice parfois difficile pour les États-Unis. Portés par un vent idéologique, les noms de leurs missions sont parfois sans équivoque : ainsi, après les attentats du 11 septembre, l'opération "Infinite Justice" (Justice Sans limites) a été remplacée par "Enduring Freedom" (Liberté Immuable), tant la notion de vengeance était évidente aux yeux du monde musulman. D'ailleurs, un journal iranien avait avancé le nom "Impérialisme Infini" aux Américains, un terme qui définissait mieux selon lui les buts de l'opération...

Propagande, textes sacrés et équipes de foot

Car si certains pays optent pour une neutralité absolue, d'autres voient dans ces noms d'opérations l'occasion d'exercer une propagande, surtout aujourd'hui à l'ère des médias de masse. Une manière simple et efficace d'annoncer le but d'une guerre ou d'y attacher toutes sortes de symboles.

Ces appellations peuvent être idéologiques, ou allégoriques. Ainsi, de nombreuses opérations militaires sont baptisées d'après des textes sacrés : "Grand Prophète" au Moyen-Orient, "Opération Gommorrhe" - du nom de la ville détruite dans la Bible par une pluie de feu venant de Dieu - pour les Alliés en 1943, ou plus récemment l'opération "Plomb Durci" en 2009, mené par Israël, en référence à un poème traditionnel de la fête d'Hanoukka.

Mais certaines opérations ont des noms qualificatifs lourds de sens : ainsi pendant la guerre du Vietnam, les Américains utilisaient les pseudonymes de leurs équipes de football américain (Sea Tiger, Bear Claw, Dragon Fire).

Les Israéliens ont utilisé à divers reprises de noms de saisons : "Pluie d'été" puis "Nuages d'automne" à Gaza en 2006, "Hiver chaud" en février 2008.

Et chez nous?

Certaines nations ne sont donc pas en manque de créativité pour nommer leurs opérations. En Belgique, nous sommes plus pragmatiques, comme le rappelle Olivier Severin, porte-parole à La Défense : "Chez nous c'est très simple : il n'y a aucun critère objectif, établi. Le choix des noms de nos opérations se fait généralement en fonction de la composante principale de la mission. Ce peut être en fonction du matériel utilisé, du système d'armes ou de la géographie des lieux... Par exemple, si nous utilisons des F-16 en Afghanistan pour le maintien de la paix, la mission s'appellera "Guardian Falcon". Les marins, eux, feront peut-être référence à la frégate qu'ils utilisent."

Et dans le cas d'une opération de plus grande envergure? Réponse : "Dans le cas d'une opération internationale, nous n'avons rien à dire. Nous avons nos noms de code belges, mais le choix du nom de l'opération ne nous appartient pas. Si c'est une mission commanditée par l'UE, c'est l'UE qui fixe le nom de la mission."

F. Du

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