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Arafat-Litvinenko: Pourquoi utiliser du polonium?

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Litvinenko et Arafat ont-ils succombé à la même irradiation ? Alors qu'il est avéré que le premier a été intoxiqué au polonium-210, la question se pose pour le second. Explications sur cet élément chimique mortel et ses particularités.

Souha Arafat a demandé l'exhumation de son défunt mari (décédé en 2004) afin de déterminer si l'ancien dirigeant palestinien a été empoisonné au polonium-210, de fortes concentrations de cette substance radioactive ayant été retrouvées sur certains de ses effets. A ce jour, rien n'explique la dégradation fulgurante (3 semaines) de l'état de santé de Yasser Arafat. Si le polonium s'avère être la cause de sa mort, il serait la deuxième personnalité politique à en être victime.

En 2006, Alexandre Litvinenko, dissident russe, avait lentement succombé à un empoisonnement au polonium. Pourquoi avoir utilisé ce procédé ? Car une très faible quantité est nécessaire pour que l'empoisonnement soit fatal, les irradiations étant 5000 fois plus radioactives que le radium. Pénétrant dans le corps, elles irradient les tissus, portent des dommages à la moelle épinière, causent la perte de cheveux, des hématomes, et des saignements de nez.

Si ce dérivé du Bismuth (après avoir été bombardé par des neutrons et avoir été amputé d'un électron et d'un antineutrino) est présent naturellement dans l'environnement (il est un produit de la désintégration de l'uranium), seule une poignée d’États en possèdent des réserves. C'est le cas d'Israël, des Etats-Unis et de la Russie. De quoi facilement remonter à l'origine de la vente, d'autant que "les entités privées doivent passer par une autorisation gouvernementale pour en acquérir de petites quantités", peut-on lire sur Slate.fr.

Si les quantités infimes sont suffisantes pour que l'empoisonnement soit létal, les traces que laisse cet agent perdurent. La radioactivité d'un échantillon ne diminue que de moitié tous les 138 jours. Deux millionièmes de la dose d'origine seraient dès lors encore présents dans les os de l'ancien leader de l'OLP.

On comprend aisément pourquoi les enquêteurs suisses, russes et français auront besoin de plusieurs mois pour aboutir à un quelconque résultat.

Rédaction en ligne

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