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Comment se forme le vent ?

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Rien de pire qu'un vent froid qui nous fouette le visage et ne nous donne qu'une seule envie : aller nous mettre le plus vite possible à l'abri. Bien présent dans notre plat pays, ce phénomène météorologique a un réel impact dans notre vie de tous les jours. Mais comment se forme le vent ?

Fabian Debal, météorologue à l'Institut royal météorologique, explique que "l'air de notre atmosphère exerce une pression sur la surface de la Terre. La valeur moyenne de cette pression se situe au niveau de la mer, et est de 1013,25 hPa (Hectopascal), soit la valeur de référence. Toutefois, suite aux différences de température (et donc de densité de l'atmosphère) entre les régions du globe, les masses d'air se répartissent de manière inégale. Certaines zones sont le siège d'une accumulation d'air et donc d'une valeur élevée de la pression atmosphérique. Ce sont les anticyclones. À l'opposé, il existe des zones qui se caractérisent par un déficit d'air. La pression atmosphérique y est alors plus basse, il s'agit des dépressions."

"L'air s'écoulera des hautes pressions (anticyclones) vers les basses pressions (dépressions) pour rétablir l'équilibre", poursuit le météorologue. Cet écoulement horizontal est à l'origine du vent.

Pourquoi le vent souffle dans tel ou tel sens ?

"En raison de la rotation de la Terre, l'air qui diverge des anticyclones pour 'combler' les dépressions est dévié vers la droite dans l'hémisphère Nord et vers la gauche dans l'hémisphère Sud", poursuit Fabian Debal. "Par conséquent, dans notre hémisphère, l'air circule dans le sens des aiguilles d'une montre autour d'un anticyclone, et dans le sens inverse des aiguilles d'une montre autour d'une dépression."

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Si un petit vent peut se révéler fort agréable lorsque la chaleur s'empare de notre pays, ce sont surtout les grosses rafales qui nous dérangent. Selon Fabian Debal, le vent "est d'autant plus intense que la différence de pression entre deux régions est importante. Pour déterminer la vitesse du vent, les météorologues se basent donc sur le calcul de la variation horizontale de pression par unité de distance (hPa/km), appelée 'gradient de pression'. Des équations de la physique permettent d'établir une relation entre ce 'gradient de pression' et la vitesse moyenne du vent." Le prévisionniste au Bureau du temps ajoute qu'"en plus de sa vitesse moyenne (établie sur 10 minutes), le vent est également caractérisé par des pics d'intensité maximum d'une durée très limitée: les rafales. La détermination de celles-ci est plus complexe que celle du vent moyen car, en plus du gradient de pression, la force des rafales est influencée par plusieurs facteurs : le type de surface (accidentée ou plane), la distribution verticale de la température ainsi que celle du vent lui-même, etc."

La tornade, peu présente en Belgique

Bien plus extrême qu'une rafale, on peut également répertorier la tornade. Elle peut dévaster d'immenses régions. Elle n'est, fort heureusement, pas très présente en Belgique.

Pour Fabian Debal, il s'agit là d'un type de vent assez méconnu. "Ce phénomène est régi par des processus compliqués et fait encore l'objet de recherches scientifiques. En quelques mots, on peut dire que la vitesse du vent varie en général avec la hauteur; en raison de la friction liée à la surface. Elle est plus faible près du sol qu'en altitude. Les couches élevées de l'atmosphère s'écoulent donc généralement plus rapidement et cela conduit à la formation de tourbillons d'axe horizontal (des 'rouleaux d'air'). Ceux-ci sont à l'origine des rafales que nous avons évoquées plus haut. Si à cette situation (fort vent en altitude avec tourbillons à axe horizontal) s'ajoute une forte averse ou un orage, les conditions peuvent alors être propices à la formation d'une tornade. En effet, les courants ascendants puissants qui règnent au sein d'un orage peuvent localement 'redresser' les tourbillons horizontaux. Une fois à la verticale, et suite à différents mécanismes assez complexes, le tourbillon se renforce et donne alors lieu à une tornade", conclut le météorologue.

Pierric Brison (st)

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