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La N-VA est-elle populiste ?

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Le discours de fin d'année du Roi Albert II aura crispé une bonne partie des observateurs flamands. Et même certains esprits les plus modérés sur le plan communautaire. Pour cause, le chef de l’Etat est allé assez loin, estime-t-on, en associant un populisme s’exprimant aussi dans notre pays, les dérives autoritaires qu’a connues l’Europe durant les années 30 et la désignation d’un bouc émissaire à l’intérieur des frontières belges.

Le populisme. Ce terme, choisi une nouvelle fois par le chef de l’Etat, n’est guère utilisé par les scientifiques et toujours soumis à débat, assure d’emblée Pascal Delwit, politologue à l’ULB. Pour cause, le même mot peu recouvrir des réalités différentes selon les Etats où il s’exprime, selon les formations politiques auxquelles cette étiquette est collée. Celles-ci pouvant se retrouver à droite comme à gauche du spectre politique. Pour autant, Pascal Delwit identifie quatre éléments qui permettent de déceler des "accents" populistes :

- l’idée du bouc émissaire, considéré comme responsable des maux de la crise. Il peut s’agir des étrangers, d’une communauté, voire des élites ayant "trahi" le peuple. "L’idée est que la crise a toujours une cause extérieure à la société.";

- la négation des structures intermédiaires. Sont visés ici, les négociations interprofessionnelles, les syndicats, les organisations patronales, voire, dans "les formes les plus dures" du populisme, le Parlement. Pour résumer : "la confiscation de la parole des citoyens par une structure intermédiaire" , entre le peuple et le pouvoir;

- l’idée d’un rapport direct entre le peuple et le pouvoir, pouvant être incarné par un leader charismatique;

- une logique simpliste, voulant que la vérité viendra de l’exercice réel du pouvoir par le peuple, de la suppression de la cause externe à la crise et des structures intermédiaires.

On retrouve naturellement certains de ces éléments de manière partielle dans le discours de la N-VA. Et c’est sans doute là qu’il faut admettre l’habileté de la communication du parti nationaliste. Ainsi, la revendication indépendantiste de la Flandre recèle en elle-même le concept du bouc émissaire, note Pascal Delwit, les Wallons étant volontiers perçus comme un boulet rivé au pied de la Flandre, l’empêchant de réaliser pleinement sont développement. Il y a également des "accents" populistes à la N-VA lorsqu’elle met en cause le poids ou le pouvoir trop important des organisations syndicales. Pareillement, un certain simplisme dans les idées exprimées par les troupes de Bart De Wever est souvent pointé.

Ce dernier élément se voit renforcé par le statut de parti d’opposition de la N-VA. "Un parti d’opposition dispose toujours d’un spectre de propositions plus simplistes, de l’ordre du "il n’y a qu’à " , note Pascal Delwit. Alors qu’une majorité est confrontée à un nombre de contraintes dont la plupart des citoyens n’ont pas idée. Il y a le fait de se retrouver dans une coalition, les contraintes budgétaires, les contraintes du droit, les lobbies, etc.".

Mais, poursuit le politologue, on retrouve également des éléments populistes au PTB, où la source de tous les problèmes est attribuée à la société capitaliste. "Dans les programmes de l’Open VLD ou du MR, on peut aussi retrouver une forme de contestation des structures intermédiaires" , complète-t-il.

M. Co.

Commentaires

  • Bef! une définition taillée sur mesure pour que seuls les socialistes et leur satelites ne puissent pas être taxés de populistes.

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