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Que raconte notre ADN ?

adn.jpgAlors que des chercheurs annonçaient la découverte d'un profil génétique commun entre la tête momifiée d'Henri IV et du sang séché provenant de Louis XVI, une question demeure : que se cache-t-il derrière ces 3 lettres ? Levons le voile sur une séquence microscopique et unique.

La séquence est banale. Dans un film policier, sur une scène de crime. Les enquêteurs prennent soin d'y récolter un cheveu, un ongle, du sang. Analysés, ils livreront tout un patrimoine génétique qui portera lui-même à la connaissance des chercheurs une identité. Comment cela est-il possible ? Levons le voile sur une autre séquence, microscopique et unique, celle-là...

Acide désoxyribonucléique, voilà qui ne vous dit peut-être rien. Cette molécule est plus connue sous sa dénomination simplifiée : ADN. Présent dans toutes les cellules (vivantes ou éteintes d'ailleurs, en témoigne le récent rapprochement génétique fait entre Henri IV et Louis XVI), l'ADN renferme l'ensemble des informations nécessaires au développement et au fonctionnement d'un organisme.

"Il porte notre patrimoine génétique, explique Marc Boutry, professeur à l'Institut des sciences de la vie de l'UCL. Le terme patrimoine est justifié puisque l'ADN nous est transmis de manière héréditaire par nos parents lors de la reproduction. "La moitié du patrimoine est hérité du père et l'autre de la mère", détaille encore M. Boutry. Soit un total de 30.000 gènes ! Comment se fait-il, dès lors, que les enfants d'une même fratrie n'aient pas le même ADN ? "Chacun ne reçoit pas de la même moitié. L'héritage est aléatoire", répond le biologiste.

"N'importe quel tissu d'un organisme peut être utilisé pour lire la séquence du génome puisque le même ADN est présent dans chaque cellule", souligne Marc Boutry. Un cheveu, un morceau de peau, peu importe, finalement !

L'ADN est donc unique et constitue la "carte d'identité génétique" d'un être. Plus que cela même, il "raconte son histoire : ce qu'il est, ce qu'il deviendra...", avance Marc Boutry.

L'ADN ferait-il de nous des devins ?

Définir ce qui n'a pas (encore) d'essence, voilà la porte laissée entrouverte par Marc Boutry. "La médecine prédictive, basée sur l'analyse de l'ADN, permet de prédire les maladies auxquelles un individu pourrait être confronté", explique-t-il. Les avancées dans ce domaine sont pour le moment limitées aux maladies génétiques dépendantes de la déficience d'un seul gène. Deux obstacles sont la cause de ce blocage: le manque de moyens techniques et de connaissances biologiques de certains gènes. Un autre élément perturbe également la donne : au-delà de l'inné, "l'acquis (NdlR : nos comportements) influence l'expression du patrimoine".

Un code immuable ?

Notre patrimoine génétique est-il immuable ou, au contraire, subit-il des mutations ? "Lors de la transmission et donc de la division d'une cellule, si une lettre du patrimoine est mal copiée, le code change" et entraine dans son sillage des conséquences variables. Ces mutations sont "à l'origine de la vie. Elles expliquent l'évolution et l'avènement de nouvelles espèces".

Les modifications d'un ADN au cours de l'existence d'un même individu se produisent quant à elles "rarement et de manière peu significative", note le biologiste. A deux exceptions près : les modifications des cellules sexuelles d'une part, puisqu'elles sont au départ de la descendance, et, d'autre part, les "mutations issues de divisions incontrôlées des cellules qui sont les causes de cancers".

La science du vivant avance à toute allure et son domaine d'action est vaste. Ainsi, de la même manière que les analyses génétiques permettent d'identifier un individu, elles permettent aussi de remonter à l'origine des poissons d'une rivière, cite en exemple Marc Boutry. "Les truites des cours d'eau wallons sont-elles d'origine ou issues de ré-empoissonnement ? L'analyse d'un morceau de nageoire peut le dire...", s'émerveille-t-il.

V. Van Vyve

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