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Le wingsuit, ce sport qui joue avec la mort

520e833e3570e91703f5192b.jpgCe mercredi 14 août, un amateur de wingsuit est décédé après s'être jeté dans le vide équipé de cette curieuse combinaison souple en forme d'aile. La victime n'est pas n'importe qui. L'an dernier, Mark Sutton était la doublure de Daniel Craig/James Bond pendant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Londres. L'homme, ancien officier de l'armée britannique, s'est écrasé en Suisse cette semaine. A 42 ans, il avait sauté depuis un hélicoptère à plus de 3.000 mètres de haut..

Ce vendredi 16 août, c'est au tour d'un Polonais de perdre la vie. Ce sportif âgé de 35 ans avait sauté du haut de la chaîne des Alpes, à 2.234 mètres d'altitude. Chaque année, 20 personnes environ décèdent lors d'un saut en wingsuit. Parmi les différentes activités de saut de falaise, c'est la plus mortelle de toutes.

Alors, qu'est-ce qui pousse les sportifs à se jeter à corps perdu dans la pratique du wingsuit ? Le goût de l'adrénaline ? La passion pour la vitesse ? La découverte de paysages époustouflants vus avec l'oeil d'un oiseau ? Un peu tout ça à la fois.

Un parachute et des caissons remplis d'air

Un vol en wingsuit peut durer jusqu'à 2 minutes... qui passent en un éclair. En chute libre, la vitesse atteint jusqu'à 200 km/h. Pour freiner la descente, le sportif est équipé d'un parachute. Mais le danger est permanent. Car, pour assurer un maximum de sensations, "l'homme volant" suit un sortie de ligne qui frôle de près les falaises ou les gorges de montagnes. Selon un amateur du sport, interrogé par l'AFP, "souvent, on refait plusieurs fois la même ligne, pour l'apprivoiser. Le risque, c'est quand on suit une ligne improvisée avec moins de repérages, et donc un manque d'informations sur le relief".

Pendant la phase de vol, le sportif garde ses jambes et ses bras écartés. A charge de sa combinaison, faite de "caissons remplis d'air", de lui permettre de planer. Et cela peut vite rendre accro. "Dans sa tête, il faut savoir gérer ce genre d'émotion, il ne faut pas se laisser griser", confie un autre fan à l'AFP. "La tendance maintenant est à suivre des lignes très engagées, très près du sol, plus risquées. la moindre erreur, la moindre brise de vallée peut te déstabiliser."

C'est cette part de risque incontrôlable qui a poussé la ville de Chamonix à interdire la pratique du wingsuit pendant l'été 2012, après deux accidents... avant de l'autoriser à nouveau cette année. Mais avec des horaires bien balisés pour éviter notamment les collisions avec les parapentistes. 

Et certains n'hésitent pas à se mettre hors la loi. En juin dernier, le Belge Cédric Dumont a survolé le désert de Nazca, une immense région désertique du Pérou. Le lieu est classé au patrimoine mondial de l'Unesco... "Pas question, donc, de débarquer là bas avec son avion, son caméraman et son sac à dos!", s'exclamait alors Cédric Dumont. "Là je risquais 100.000 dollars d'amende et 3 ans de prison ferme si je m'aventurais sans autorisation sur le site."

Hors du temps

Comme souvent dans les sports extrêmes, le clou du spectacle consiste à filmer sa performance avec une mini caméra fixée sur le casque. Une pratique popularisée par les caméras embarquées de type "GoPro". Le meilleur moyen de se faire une idée, c'est encore de regarder la vidéo en dessous de cet article... Pour Espen Fadnes, as du wingsuit, le temps d'un saut, "le passé n'existe pas, le futur n'existe pas. Il n'y a que maintenant".

A.W. (AVEC AFP)

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