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Comment achète-t-on un avion ?

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Fastoche ! Dans le cas du B-787 Dreamliner de JetairFly, Boeing vient chez vous pour vous proposer son nouveau bébé, avec des études sur mesures. A la compagnie cliente d’évaluer ses besoins, capacités d’investissement, coûts opérationnels, rentabilité de l’opération.

Il arrive aussi qu’une compagnie - ou un groupe - s’adresse à un avionneur afin de renouveler sa flotte. C’est ce qui s’est passé avec Boeing, à qui TUI Travel PLC a commandé 60 B-737 Max assortis d’autant d’options. A partir de 2020, Jetairfly recevra 18 unités de cette version remotorisée du classique de Boeing. Pourquoi pas les équivalents chez Airbus, l’A320 Neo ? "Lorsqu’on discute avec Boeing, on le fait aussi avec Airbus s’il a des avions comparables. On doit donner l’impression qu’on est intéressé", explique Wim Van Biesen, directeur financier de JetairFly. Notamment pour obtenir le meilleur prix possible mais, le groupe TUI étant traditionnellement orienté Boeing, il y a peu de chances que cela change : la conversion d’un avionneur à l’autre coûte cher à une compagnie.

Un accord trouvé entre les parties, il y a souvent une signature d’intention d’achat, qui reçoit confirmation par la suite.

Entre-temps, il faut penser au financement. Rares sont les compagnies qui achètent en propre. Le financement le plus fréquent passe par le leasing. Là aussi, la puissance d’un groupe tel que TUI permet de trouver les meilleures offres. Le Dreamliner OO-JDL de JetairFly, est financé par la société japonaise Yamasa, qui l’a acquis suivant le système très utilisé du "sale & lease back" et a créé une société pour lui: le 1er décembre, TUI a accepté de Boeing un avion qui, une heure après, a été acheté par Yamasa. Le loueur fait ensuite un contrat, pour 12 ans dans ce cas-ci. "On évalue toujours le meilleur moment de laisser partir l’avion, commente Geert Somers, directeur technique, en fonction de la valeur résiduelle, du coût de la maintenance, etc."

Le taux d’intérêt est aussi négocié par les équipes de TUI. Il est de l’ordre de 10 % pour le B-787 de JetairFly. Ainsi, l’avion acquis 120 millions de dollars a un loyer mensuel de 875000 dollars.

Avant d’affréter un aéronef transportant 300 passagers, il faut aussi, comme pour une maison ou une voiture, l’assurer. "On fait ça aussi au niveau du groupe", qui a des spécialistes dédiés aux quelque 140 avions sous la bannière TUI. Un avion, c’est cher et complexe à assurer, c’est pourquoi plusieurs compagnies prennent, chacune, une petite partie du risque. Un grand assureur ne prendra qu’entre 6 et 8 % de la couverture d’un aéronef.

L’avion lui-même n’est pas le plus coûteux. Avec ses moteurs, rechanges et les dégâts matériels, il est assuré à sa valeur réellement payée, 120 millions de dollars dans le cas du Dreamliner aux couleurs belges. Les dégâts aux tiers pèsent le plus lourd: un milliard de dollars. Cela comprend les risques en cas d’accident, si l’avion s’écrase en zone urbaine par exemple. Passagers, bagages, marchandises sont aussi couverts de cette façon.

Enfin, depuis le 11 septembre 2001, un surplus couvre tous les cas de "war & hijacking", de guerre et de détournement. Pour le B-787 de JetairFly, la couverture est de 300 millions de dollars. L’avion représente donc le montant le moins élevé, au niveau assurances. L’on ne connaîtra pas la prime, mais elle représente "entre 4 et 5 % des coûts opérationnels de l’avion", dit Wim Van Biesen, qui ajoute : "C’est moins cher que les pilotes. Eux, c’est 20 %."

DS, à Seattle

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