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Pourquoi l’Arabie fait baisser le pétrole

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Le prix du pétrole est en baisse constante depuis plusieurs mois. Ce mardi, le baril de Brent est tombé à 87 dollars, loin du pic de 115 dollars atteint au mois de juin. Les explications sont connues. D’une part, les techniques d’extraction non conventionnelles (sables bitumeux, schiste, offshore profond…) soutiennent l’offre. D’autre part, la demande est inférieure aux prévisions, en raison du ralentissement économique qui frappe l’Europe et la Chine.

Une autre explication à cette baisse du pétrole est apparue ces derniers jours sur les marchés. Après le passage du Brent sous les 90 dollars, certains analystes se sont étonnés de l’absence de réaction de l’Arabie Saoudite. Comme si le pays avait intérêt à laisser filer le prix de l’or noir, au lieu de restreindre la production.

"Jusqu’il y a peu, il y avait un consensus autour du fait que 100 dollars était le prix idéal du baril pour les pays de l’Opep, explique Francis Perrin, rédacteur en chef de la revue "Pétrole et gaz arabes". Ce prix permet aux producteurs d’être rentables, tout en ne pénalisant pas l’économie."

Pourquoi l’Arabie aurait-elle maintenant intérêt à voir le pétrole s’écarter de cet objectif ?

"Les productions non conventionnelles de pétrole inondent le marché, argumente Francis Perrin. Or, le coût d’extraction est plus élevé. Une baisse prolongée du prix du baril rendrait donc un certain nombre de ces champs pétroliers non rentables. A moyen terme, cela rééquilibrerait le marché." Si l’Arabie Saoudite y perd à court terme, elle pourrait donc bénéficier d’un prix plus élevé du baril à long terme.

Une arme contre l’Iran ?

En outre, certains estiment que les dirigeants saoudiens utilisent l’arme du pétrole pour frapper son ennemi iranien.

"Des pays comme l’Iran, la Russie ou le Venezuela ne peuvent pas se permettre de voir le baril plonger durablement sous les 100 dollars, explique Francis Perrin. Cependant, je ne pense pas que l’objectif premier de l’Arabie soit de faire mal à l’Iran. C’est plutôt un petit bonus."

 

Selon lui, les dirigeants saoudiens n’ont pas davantage intérêt à voir le prix du baril s’écrouler. "Un prix trop bas empêcherait certains Etats de financer leur politique sociale, précise Francis Perrin. Ce ne serait pas une bonne chose dans le contexte du printemps arabe." 

L.Lam

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