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Mais que se passe-t-il au Burkina Faso?

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Voici un film des événements depuis la manifestation monstre mardi contre un projet de révision constitutionnelle permettant le maintien au pouvoir du président Blaise Compaoré au Burkina Faso, où l'armée a pris le pouvoir jeudi soir après une journée d'émeute contre le régime.

Mardi 28 octobre 2014

Des centaines de milliers de Burkinabè descendent dans la rue pour dénoncer le projet de révision constitutionnelle, qualifié de "coup d'Etat constitutionnel". La marche organisée à Ouagadougou, d'une ampleur exceptionnelle en Afrique subsaharienne, rassemble "un million" de personnes, selon l'opposition.

Des affrontements durent plusieurs heures entre des centaines de manifestants munis de pierres et de barres de fer et les forces de l'ordre répliquant avec des gaz lacrymogènes.

Le pays a basculé dans la crise avec l'annonce, le 21 octobre, d'un projet de révision constitutionnelle portant de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels.

Mercredi 29 octobre

Plusieurs milliers de Burkinabè manifestent dans le calme à Ouagadougou qui retrouve sa normalité, avec commerces rouverts et routes davantage fréquentés, mais moins que d'habitude. Le mot d'ordre de "grève générale" est faiblement suivi.

Un responsable de l'opposition appelle à un "printemps noir" contre le régime, sur le modèle du printemps arabe, et à une "marche sur l'assemblée" le 30 octobre.

Jeudi 30 octobre

Vers 9H00 locales et GMT, un cordon sécuritaire de plusieurs centaines d'hommes, dressé autour de l'Assemblée nationale, vole en éclat sous la pression d'un millier de manifestants, qui incendient l'Assemblée. Une partie du bâtiment est ravagée par les flammes.

Plusieurs centaines de personnes entrent dans les locaux de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), où elles pillent le matériel, avant de quitter les lieux. Les transmissions sont coupées.

Les violences se propagent. Des troubles sont signalés à Bobo Dioulasso, 2e ville du pays (sud-ouest), où la mairie et le siège du parti présidentiel sont incendiés.

"Le président doit tirer les conséquences", déclare Bénéwendé Sankara, l'un des leaders de l'opposition, qui avec d'autres avait appelé la population à "marcher sur le Parlement". Il déclare que l'armée s'est "soudée avec le peuple". "L'opposition demande la démission pure et simple du président Blaise Compaoré", dit-il.

A la mi-journée, le gouvernement annonce avoir "annulé le vote" du projet de révision constitutionnelle et appelle "au calme et à la retenue".

Dans l'après-midi, le général en retraite Kouamé Lougué, à qui des dizaines de milliers de manifestants ont demandé de prendre le pouvoir, rencontre le chef d'état-major Nabéré Honoré Traoré, ainsi que les plus hauts gradés du pays.

En début de soirée, l'armée annonce la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée et instaure un couvre-feu "sur l'ensemble du territoire de 19H00 à 06H00". Les pouvoirs exécutifs et législatifs seront assumés par un organe de transition, avec l'objectif d'un retour à l'ordre constitutionnel "dans un délai de douze mois", selon un communiqué du chef d'état-major des armées Nabéré Honoré Traoré, lu par un officier.

Quelques centaines de manifestants appellent à des sit-in dans la capitale pour éviter ce coup d'Etat.

La France, ex-puissance coloniale, plaide pour un "retour au calme" et les Etats-Unis expriment leur "vive inquiétude". L'Union européenne appelle à la fin des violences, et l'Union africaine, "profondément préoccupée", à la "retenue".

Les violences ont fait au moins un mort, un homme tué à quelques centaines de mètres du domicile de François Compaoré, frère cadet du chef de l'Etat et personnalité influente du régime.

AFP

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