Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

Pourquoi les policiers américains disent-ils "vous avez le droit de garder le silence"?

"Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous". Les deux phrases sont devenues un refrain pour ceux qui ont pris l'habitude de passer leurs soirées devant les séries policières made in USAqui envahissent nos chaînes. Des phrases que les acteurs en képi sortent automatiquement, histoire de faire plus vrai. Parce que de l'autre côté de l'Atlantique, la formule est obligatoire lors d'une interpellation. Mais au fait, pourquoi est-ce obligatoire?

 

L'histoire de cette fameuse formule remonte aux années soixante. Au début de l'année 1963, Ernesto Miranda est arrêté par les forces de l'ordre à Phoenix, dans l'Arizona. L'homme est soupçonné d'avoir enlevé et violé plusieurs jeunes filles, ce qu'il avoue lors de l'interrogatoire mené par la police quelques instants plus tard. Miranda n'a pas été informé de ses droits, et voit ses aveux utilisés contre lui lors du procès comme preuve de sa culpabilité.
 
Condamné au printemps 1965, Miranda peut alors compter sur le soutien de l'avocat Robert Cocoran. Ce dernier, habitué des procès, sait à quel point il est "facile" d'obtenir des aveux de la part d'un suspect qui ignore ses droits, comme c'est le cas d'Ernesto Miranda. Il mène donc la défense de Miranda avec John H. Flynn, et parviendra à obtenir l'annulation de l'utilisation des aveux de l'accusé comme preuve de sa culpabilité.
 
La Cour estime effectivement que la salle d'interrogatoire ne doit pas devenir une zone de non-droit. Les cinquième ("nul ne peut être forcé à témoigner contre lui-même") et sixième ("tout accusé a droit à un avocat") amendements du Bill of Rights sont utilisés pour la rédaction de l'arrêt Miranda contre Arizona de la Cour, qui affirme que : "La personne en garde à vue doit, préalablement à son interrogatoire, être clairement informée qu'elle a le droit de garder le silence et que tout ce qu'elle dira pourra être utilisée contre elle devant les tribunaux ; elle doit clairement être informée qu'elle a le droit de consulter un avocat et peut avoir l'avocat avec elle durant l'interrogatoire et que, si elle n'en a pas les moyens, un avocat lui sera désigné d'office".
 
C'est donc le 1er juin 1966 qu'Ernesto Miranda apprend que ses aveux ne pourront pas être utilisés contre lui. Et depuis, tous les suspects interpellés par la police américaine savent dès leur arrestation qu'ils ont le droit de garder le silence.

Les commentaires sont fermés.