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nancy sullivan

  • A-t-on trouvé un vaccin pour Ebola ?

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    Administrée à des singes, une injection a procuré une protection complète à court terme et partielle à long terme.

    Et si une solution se profilait pour enrayer l’expansion de l’épidémie d’Ebola ? On n’ose y croire même si les résultats de l’étude publiée dimanche dans Nature Medicine paraissent prometteurs. D’après les auteurs, en l’occurrence l’équipe de Nancy Sullivan du centre de recherche de l’Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID/NIH), un vaccin expérimental validé par des essais sur des singes constituerait "la première démonstration d’une protection durable conférée par un vaccin contre le virus Ebola Zaïre", l’espèce virale à l’origine de l’épidémie qui a déjà causé plus de 2 000 décès en Afrique de l’Ouest, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé.

    1. De quoi s’agit-il ? Le vaccin développé par les chercheurs américains est basé sur un Adénovirus (virus de rhume) de chimpanzé baptisé "ChAd3", qui sert de transporteur (ou vecteur) pour délivrer les fragments de matériel génétique du virus Ebola dans les cellules du sujet vacciné. Le principe de ces fragments - qui ne sont pas contagieux - est d’aider l’organisme à apprendre à reconnaître le virus pour pouvoir se défendre. Si les chercheurs ont choisi un Adénovirus de chimpanzé, c’est parce que beaucoup de personnes sont immunisées contre la version humaine du virus du rhume, rendant de ce fait le vaccin expérimental potentiellement inefficace.

    2. Comment se sont déroulés les tests ? Différentes doses du vaccin "ChAd3" ont été testées. On a ensuite injecté aux macaques une dose de virus Ebola qui se serait avérée mortelle s’ils n’avaient pas été immunisés.

    3. Quels sont les résultats ? Cinq semaines après l’injection, quatre singes ayant reçu une dose de vaccin présentaient toujours une immunité, laquelle semble néanmoins s’estomper au fil du temps puisque seuls deux singes restaient toujours protégés contre le virus dix mois plus tard. En revanche, pour les quatre autres singes qui ont reçu une piqûre de rappel, huit semaines après l’injection initiale, la protection s’est avérée toujours intacte, selon les chercheurs précisant que "le rappel contient un composant différent" (virus de la vaccine atténué) .

     

    4. Quelles sont les suites ? Annoncés le 28 août dernier, les tests sur l’homme, qui doivent commencer début de ce mois de septembre, constituent la première des trois étapes du processus de validation. Cette phase 1, qui se déroule sur des sujets sains (non infectés), consiste à vérifier si le vaccin est bien toléré et s’il induit une bonne réponse immunitaire. S’il est approuvé, "ce vaccin sera bénéfique pour les populations pendant les épidémies et en cas d’exposition professionnelle à l’hôpital ou en laboratoire", ont affirmé les chercheurs. En attendant, lundi, l’Union africaine s’est réunie à Addis Abeba pour définir une stratégie et discuter notamment des mesures supplémentaires de suspension de vols et de fermeture des frontières maritimes et terrestres.

    L.D. (avec AFP)